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#Sociobang : Le Monde est Fou, Flou, Flux

crazyworldLe monde est-il fou ? 30 000 milliards de tonnes, c’est la masse de la «technosphère» [source : https://www.franceinter.fr/societe/l-humanite-pese-30-000-milliards-de-tonnes], c’est-à-dire tout ce que l’homme a produit, fabriqué, construit depuis le début de l’anthropocène. Ce qui fait plus de 50 kg par mètre carré. Si nous continuons à brûler ainsi, il n’y aura bientôt plus de quoi allumer quoi que ce soit. Dans «La Disruption, comment ne pas devenir fou» [Edit. Les liens qui libèrent – juillet 2016], Bernard Stiegler fait le mélancolique et impitoyable constat que l’accélération de l’innovation due notamment aux algorithmes court-circuite tout ce qui contribue à l’élaboration de la civilisation. Et déclenche selon lui une déstabilisation permanente, qualifiée par les philosophes «d’épokhé», c’est-à-dire une suspension de tout ce qui paraissait  »couler de source ». La solution qu’il préconise ? Transformer la vitesse en temps gagné pour penser. Une sorte de transformation apprenante qui remettrait en question la data prédatrice, et développerait de nouveaux modes de partage des savoirs… pour un monde plus sage.

Le monde est flou, en particulier celui des entreprises. Finie l’époque où chacune avait un métier dans une case bien délimitée. Bienvenue à l’extension du domaine de la lutte pour mieux verrouiller les marchés. Ainsi les GAFA qui se positionnent de plus en plus clairement en tant qu’acteurs concurrençant les constructeurs automobiles sur la voiture autonome. Ainsi Alibaba, gigantesque pure player chinois aux mds$ de CA qui vient de monter à 74% du capital d’Intime, gérant de centres commerciaux. Ainsi Amazon qui accélère dans la mode. Ainsi aussi Nexity qui veut se transformer en plateforme de services sur l’ensemble du parcours client immobilier, et pas seulement au moment de la fourniture d’immobilier. Bref, fini le ON ou le OFF, bienvenue au ‘phygital’, dans lequel l’expérience client augmentée devra être intimement cohérente pour éviter d’être illisible. Demain, si tout le monde se met à faire tout, vont se poser les questions de l’indifférenciation généralisée et du trop-plein de marques.

Le monde devient t’il de plus en plus flux ? Des migrants aux clients se rendant aux drives, en passant par les commuters que nous sommes ou les térabytes de data qui transitent sur les réseaux, tout est flux. Ce qui tendrait à illustrer le concept de  »société liquide » chère au sociologue Zygmunt Bauman récemment disparu. En dix ans, les échanges internationaux de données ont été multipliés par 45, dépassant désormais les échanges transfrontaliers de biens matériels ! [Source : McKinsey Global Institute]. La mondialisation prend une nouvelle forme. Les flux deviennent numériques, le commerce se «plateformise» avec les eBay, Amazon, et autres Tencent. Avec 2 conséquences principales que Tilt ideas prédit à court terme : 1/si tout est flux, privilégions désormais la décentralisation des décisions, la coexistence de modèles protéiformes et la rapidité de mise sur le marché plutôt qu’à la recherche de perfection [cf. le fameux concept d’agilité, mis à toutes les sauces…] 2/ si tout est flux et data, faisons la différence par l’empathie relationnelle avec les consommateurs finaux [ce que nous appelons ici la ‘chaleur ajoutée’] et le retour au fameux local. Comme nous aimons le rappeler souvent dans les colonnes d’interrobang, d’une logique BtoBtoC, passons au HtoH [Human to Human]. Plus facile à dire qu’à faire tant les habitudes sont bien ancrées dans les systèmes existants.

Alors, fou, flou, flux ?… Assurez-vous que vos collaborateurs ont une connaissance fine de ces disruptions qui déboulent tels des tsunamis. Tilt ideas et le groupe Kea sont à votre disposition pour en distiller à la fois les signaux d’alerte et les hypothèses de rebond positives. Le futur ne se prédit pas, il s’invente au quotidien… Du concept de start-up, passons à celui de start-again & again ?

Cet article a fait également l’objet d’une parution sur Mediapart le 5 février