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#Voir le Futur : Face à l’aléa de l’I.A, l’I.E?

Récemment, lors de tests de compréhension, l’Intelligence Artificielle a fait mieux que l’être humain. Ouille. Il ne manquait plus que cela. L’homme déjà battu aux échecs et au jeu de Go par l’IA, est désormais renvoyé dans ses buts en matière de sens.

Dernier recours demain, dans le futur : s’il est un domaine où (ne jurons de rien…) l’IA ne pourra pas nous mettre en défaut, c’est peut être bien l’IE (intelligence émotionnelle).

Dans les semaines à venir, le gouvernement révélera le rapport commandé au mathématicien Cedric Villani sur la stratégie I.A. Et d’ores et déjà des instances telles que l’IA Factory (installée à Station F, où Tilt ideas se rend ce mois-ci) ou le Hub France IA (association loi 1901 créée le 20 décembre dernier ) se mobilisent pour initier une sorte de «do tank»  français de l’IA autour de thématiques telles que la mobilité, la santé, l’énergie, la ville intelligente…).

Tout ceci est passionnant. Tilt ideas rêverait toutefois qu’y soient également évoqués des sujets liés à l’intelligence émotionnelle (I.E.), par exemple l’art, l’esthétique, les nouveaux imaginaires, les sciences cognitives , ou encore l’éducation… A ce sujet, lors du tout récent Forum de Davos, Jack Ma (CEO d’Alibaba) alertait : »Nous devons changer l’éducation de nos enfants pour faire face aux robots. Nous apprenons de la même façon qu’il y a 200 ans. Dans 30 ans nous serons dépassés par les machines ».

Par ailleurs, comme l’a démontré le chercheur américain Hans Moravec (https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Moravec), le paradoxe de l’IA met en lumière que l’homme conservera un avantage dans les activités nécessitant une habileté sensorimotrice. Autrement dit, il est et sera plus difficile pour une machine de casser délicatement des œufs ou d’inventer une fiction que de calculer la trajectoire optimale vers Pluton. C’est ce que tente de montrer aussi à sa manière l’artiste  Grégory Chatonsky (http://chatonsky.net/score-fab; https://vimeo.com/195963076) en créant des œuvres décalées, hybridant des dimensions numériques et existentielles. Un croisement entre hyperréalisme et multimedia, où les rivalités entre technique et être humain s’effaceraient au gré de l’expression artistique.
C’est aussi ce qu’Enki Bilal décrit de plus en plus dans ses œuvres de BD fiction. La dernière en date,  »Bug » [Casterman] décrit un monde où une IA hacke et fait disparaître toutes nos précieuses data. Nous obligeant alors à revenir à nos antiques outils [le papier, l’encre…] ou à nos intuitions sensorielles. Dans cet ouvrage, il questionne aussi la notion de mémoire vive par opposition à la mémoire vivante.

Bref, si l’IA affiche de très bons résultats aux jeux de Go ou d’échecs, ou nous bat aux tests de compréhension, elle ne sait pas à quoi ressemble un pion, ni même que c’est un jeu. L’aléa n’est pas dans l’IA. Le principe d’incertitude non plus, pourtant à l’origine de beaucoup de découvertes, fruits du pur hasard. L’IA ne sait pas non plus bifurquer, prendre des chemins de traverse pour suivre une pensée furtive. L’IA ne sait pas ce qui signifie les utopies, étant elle-même le fruit de l’une d’entre elles.

Nos émotions et nos sens sont-ils notre weak point où notre force?

‽ Alors, à quand une session Pétages de plombs pour inventer avec Tilt ideas un futur où les sens auront un coefficient 2 comme au Scrabble ?

Brice Auckenthaler, co-fondateur et associé