Forecasting, Brand Strategy and Innovation

Vous avez échoué ? Super, ça se fête !!!

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Le droit à l’échec (fail and try again) dans l’entreprise est aujourd’hui une ritournelle bien installée qui ressort à l’évidence du « managérialement correct ». Quel dirigeant oserait encore dire qu’il n’invite pas ses collaborateurs à prendre des initiatives ou qu’il ne les encourage pas à oser, à faire bouger les lignes, à proposer de nouvelles idées au bénéfice de l’organisation et de son activité ?

Pour autant, si la bienveillance est de mise, l’échec reste largement tabou, voire honteux. Il est en effet rare de donner toute sa publicité à un projet raté et surtout de l’assumer comme tel. En général, la communication interne n’en parle pas ou si elle le fait, ce sera en recourant à la langue de bois de la « dépriorisation » ou mieux, au choix assumé de « pivoter », version volontariste du retournement tout en restant droit sur son axe ! L’ère du changement permanent dans les entreprises, comme dans les affectations, fera ensuite son œuvre et ce qu’il restera du projet initial sera progressivement effacé par une nouvelle donne, de nouvelles priorités, de nouveaux enjeux…

Dans ce contexte, la célébration de l’échec est en soi une anomalie car elle donne une visibilité forte à un événement qui, dans de nombreux cas, pourrait être facilement occulté. Dans un article publié sur LinkedIn[1], Henry Steward raconte l’anecdote survenue à un de ses amis qui avait voulu louer un yacht et qui s’était vu dire que s’il s’échouait sur un banc de sable, le loueur viendrait à sa rescousse avec du vin et du fromage pour fêter cela. Au-delà d’une gestion de la relation client tout en tact et en délicatesse, l’idée est que le moment de célébration est un temps de partage et d’apprentissage : en soi, s’échouer sur un banc de sable n’est pas un problème dès lors que l’on sait comment s’en sortir. Mais si ce n’est pas le cas, on risque d’endommager la coque du navire, avec des conséquences évidemment bien plus lourdes.

A l’image de Gore ou d’Intuit qui a été l’une des premières entreprises à promouvoir les « failure parties », de plus en plus d’entreprises mettent aujourd’hui en place des rituels de célébration de l’échec. L’idée est d’y convier le plus grand nombre possible de collaborateurs et pas seulement de réconforter les malheureux qui ont échoué (se sont échoués, aurait-on envie de dire). Il s’agit d’abord, on le voit, d’un moment de convivialité qui symboliquement va clore l’épisode et signifier publiquement que l’on tourne la page. Mais surtout, loin d’une cruelle autocritique où le groupe est là pour sanctionner les déviants, l’idée est de rappeler la communauté de destin (l’échec est celui de l’entreprise toute entière comme demain le succès qu’elle connaîtra) et de se donner les moyens de comprendre et de trouver collectivement et humblement des solutions pour éviter de se retrouver demain coincé sur un nouveau banc de sable.

‽ Et vous, êtes-vous à mettre en place des failure parties dans votre organisation ? En tout cas si besoin, nous serons heureux d’apporter le vin et le fromage !

Bruno Bourdon, directeur

[1] https://www.linkedin.com/pulse/8-companies-celebrate-mistakes-henry-stewart/