Forecasting, Brand Strategy and Innovation

#Voir le Futur : La Robolution Humaine

Demain l’essentiel des emplois sera t’il assuré par des robots ? La robotisation et l’intelligence artificielle progressent [cf. le dernier CES de Las Vegas], les caisses des supermarchés sont de plus en plus automatisées, l’ordinateur sait reconnaître votre voix et vous répond par e-mail ou téléphone, et tous les constructeurs automobiles n’ont plus qu’une seule antienne : le véhicule autonome. En 1996 déjà, l’économiste Jeremy Rifkin prédisait déjà ”La Fin du Travail”, best seller planétaire préfacé par Michel Rocard et qui inspira la réforme des 35 heures.  Plus récemment, en septembre 2013, une étude de l’Oxford Martin School prévoyait que 47% des emplois américains étaient à haut risque du fait des progrès de la robotique. Tous ces faits font l’impasse sur 2 éléments majeurs : 1/ La destruction créatrice [chère à Schumpeter] qui démontre que les emplois disparus sont compensés par ceux nés de la technologie. Ainsi 200.000 postes de secrétaires ont certes disparu en France depuis les années 90 mais ils ont été compensés par 250.000 postes d’ingénieurs informatiques apparus sur la même période. En France, l’essor d’Internet a permis entre 1995 et 2010 la création de 700.000 emplois nets, soit 25% du total; 2/ La révolution digitale va transformer la nature même du travail as we knew it au travers de formes alternatives d’emploi [cf. la gig économie, générée par des travailleurs indépendants sous contrat à la demande], lesquelles ont représenté 94% des créations d’emploi de l’économie américaine – source National Bureau of Economic Research.]

Egalement optimiste, Emmanuel Durand dans son formidable ouvrage [”L’Attaque des Clones”, sous-titré ‘La diversité culturelle à l’ère de l’hyperchoix’ – Presse de Sciences Po janv.2017], met en exergue : ”… qu’une bibliothèque a d’autant plus besoin d’un bibliothécaire qu’elle est pléthorique…” que Tilt ideas comprend comme une métaphore des enjeux économiques et sociaux au cœur des débats actuels. La révolution digitale a permis l’explosion de l’offre [cf. la longue queue], a multiplié les canaux de diffusion et modes de consommation, mais elle est également perçue comme une hydre destructrice d’emplois. La robotisation détruira t’elle les emplois ou au contraire va t’elle accélérer l’évolution vers de nouveaux métiers de services ?

Quels enseignements peut-on tirer :

1/ Il n’y a pas de fatalité à ce que le digital dévaste la soi-disant ancienne économie, l’une et l’autre sont désormais intimement imbriqués à la fois dans les modes de management et les offres émises. L’intelligence artificielle et les robots vont forcer les entreprises à repenser leurs organisations, et les individus à repenser le mode de relation au travail qui leur va bien; 2/ Au moment où, en 2017, pas moins de 8 pays européens iront devant leurs électeurs, avec souvent des scénarios populistes inquiétants car synonymes de bunkerisation, le levier que personne n’avait imaginé pour décoincer les marchés sera politique, laquelle politique va désormais devoir reconnaître l’impérieuse nécessité d’une meilleure inclusion du social et créer enfin les conditions économiques d’une croissance gagée sur l’innovation [A quand une vraie ‘politique’ de prospective et d’innovation ?].

Enfin, 3/ Ne jamais oublier que derrière un consommateur, il y a quasiment toujours un collaborateur. Deux casquettes pour un seul individu qui va souhaiter de plus en plus vivre sereinement avec cette schizophrénie afin de mieux s’engager et arbitrer entre baisse des prix & chômage, lisibilité & largeur de l’offre, rapidité & multi-canalité…

Défis excitants s’il en est !