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#Sociobang : Le retour des migrants vers les campagnes

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Un des effets de la révolution culturelle chinoise fut l’immigration massive des ruraux vers les mégacités régionales, pour faire face aux besoins de main d’œuvre à la hauteur de l’explosion économique de cet hyper-occident [comme l’avait qualifié Tilt ideas lors de son premier trend tour en Chine en 2002].

Un mouvement contraire est en train de se produire depuis quelques mois : le retour des migrants dans leurs régions d’origine, avec dans leurs bagages les nouveaux savoir-faire acquis en ville. En 2015, ce furent ainsi 170 millions d’entre eux [d’après le National Bureau of Statistics] qui regagnèrent les provinces éloignées. Et un rapport d’avril 2016 de l’Académie des Sciences Sociales Chinoise a démontré que la moitié des ruraux n’étaient désormais plus intéressés à venir vivre et travailler en ville. Et 2/3 de ceux qui déclarent à l’inverse vouloir s’y rendre prévoient de revenir dans leurs villages pour y créer une activité.

Ce mouvement a été joliment baptisé ‘’le retour des oies pour revitaliser la Chine’’ en référence au « Flying Geese Model » pensé pour décrire le développement économique de l’Asie par Akamatsu. Le China’s State Council vient de diffuser des guides pour encourager les travailleurs migrants à rentrer chez eux pour y développer des business. La province de Guizhou offre ainsi des avantages tels que des formations gratuites à la création d’entreprise, des zones d’investissements dédiées aux returnees’ businesses, des taux d’intérêts très favorables, et des sites internet [tels que GoHome] d’aide au retour au pays [la coupure de la migration fut souvent violente et les migrants y ont perdu leurs réseaux locaux, bien utiles pour lancer une activité].

‽ Une tension est aujourd’hui à l’œuvre en Chine : le plan quinquennal annoncé pour 2016-2020 prévoit d’accélérer  l’urbanisation mais la décentralisation pousse les différentes provinces à mener des politiques attractives afin d’avoir une économie dynamique. Ces dernières sont d’autant mieux accueillies que le hukou, équivalent chinois du livret de famille, ne permet de bénéficier d’une sécurité sociale et de scolariser ses enfants que dans la ville où l’on est enregistré. La Chine prévoit d’être une nation « moyennement prospère » d’ici 2020, et c’est sans doute l’avènement d’une nouvelle classe moyenne qui fait que le confort devient une préoccupation. Cela n’est pas sans rappeler l’enquête récemment menée par cadreemploi.fr selon laquelle 80% des cadres parisiens veulent fuir Paris…