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Future of work – la fin des Mad Men ?

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L’une des clés succès de Mad Men, la série phare de Matthew Weiner sur AMC couvrant des années 1960 à 1971, réside dans l’évocation d’un monde du travail: celui des publicitaires triomphants sur Madison Avenue dans les années 60. Bien que distant de moins d’un demi-siècle, n’existe plus. C’est une mise en abîme de l’évolution du notre à plusieurs titres:

  • la place des femmes et #metoo: les femmes s’affranchissent tout au long des sept saisons quittant leurs rôles de secrétaires pour, comme Peggy Olsen ou Joan Harris, finir par prendre les rênes et ne devoir leur ascension qu’à leur seul talent
  • l’alcool et la cigarette: omniprésents dans l’entreprise, ils n’ont aujourd’hui plus droit de cité dans ses murs et Roger Sterling devrait apprendre à supporter sa condition existentielle de dirigeant sur qui pèse la moite du chiffre de l’entreprise en mode plutôt vegan….
  • la part d’anonymat de chacun: à l’heure de la connection des banques de données et références, il devient toujours plus difficile de s’inventer une autre histoire et Don Draper n’aurait pu échapper à son passé comme Dick Whitman
  • l’inclusion des minorités: l’acceptation des minorités est aujourd’hui heureusement toujours plus acceptée et Sal Milano, le directeur artistique gay, pourrait aujourd’hui vivre librement sans risquer de de se faire licencier alors qu’il refusait tout harcèlement venant de l’actionnaire de Lucky Strike

Et pourtant, derrière ce monde qui disparaît s’esquisse déjà le notre d’aujourd’hui et demain

  • le pouvoir de la data: garantir la meilleure performance et tenir un avantage concurrentiel passent désormais par la collecte et traitement des données, créant des accélérateurs de carrière pour ses pilotes comme Michael Ginzburg
  • le storytelling triomphant: en politique comme en entreprise, le talent narratif assure la conquête des imaginaires, à l’instar du nôtre captivé par Don Draper magnifiant le pouvoir de la nostalgie au service du carrousel Kodak de diapositives
  • la montée d’une conscience RSE: dans des sociétés hyper consuméristes se dessine déjà une contre-tendance plus respectueuse de l’environnement, à l’image de la communauté que rejoint Don Draper – à Big Sur en bordure du  Pacifique lors du final du tout dernier épisode – pour une inspiration universelle (I’d like to buy the world)
  • le droit à l’erreur: à l’heure de l’hypervalorisation de la culture entrepreneuriale et de l’agilité en entreprise, Don Draper apparaît comme un phénix toujours renaissant de ses cendres jusqu’à l’ultime conclusion

‽ Toujours sur le fil entre nostalgie et anticipation à propos du devenir du monde du travail, cette magnifique série ne tranche pas à la place du spectateur. Et cela contribue à sa légende que de finir en ellipse pour laisser notre intelligence / sensibilité écrire la suite. 

Mad Men forever

Antoine Mahy, Directeur